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10 - L'EGLISE SAINT-LUC


Bien que la nature y soit plus préservée qu’ailleurs, de tout temps les hommes bâtissent des villages typiques, érigent des églises et des abbayes, dressent des châteaux ou forteresses, conçurent dans la passion de l’architecture pour y laisser dans la pierre les repères tangibles d’une époque, d’une identité et d’une culture collective. Dès 1279, Raon forme une paroisse avec une église (Saint-Luc) dont l’abbé de Moyenmoutier a le patronage. En 1437, il se crée une chapelle appelée Notre-Dame à l’extérieure de l’enceinte. Elle disparaît définitivement dans les tourments de la guerre de Trente-Ans. Néanmoins en 1729 sous Léopold 1er, l’église Notre-Dame renaît avec sa réfection et la refonte de trois cloches puis l’achat d’une quatrième. En 1766, cette église entourée de son cimetière apparaît sur le cadastre établit par BUGNON. En l'An IV (1795) de nouvelles destructions ont lieu. L’église Notre-Dame cesse et les carreaudages de l’édifice vont former les murs de rives de la Plaine, soutenir les chaussées des rues sous la côte et derrière le couvent. Puis en 1472, le couvent des Cordeliers en dehors des murs fortifiés possède aussi son église dédiée à Sainte-Marthe. Depuis la démolition de Notre-Dame en 1795, il n’y a plus d’église utilisable à Raon. L’ancien curé Dom François Grégoire rentre à la ville en l’An X (1802) et prête serment de fidélité à la constitution.

L’EGLISE SAINT LUC PLACE DE LA RÉPUBLIQUE


Cette nouvelle église Saint-Luc remplace l’ancienne église intra-muros dédiée à la Sainte-Vierge (première église Saint-Luc) datant de 1279. Mais dès 1766, ce dernier édifice situé dans la rue Principale (rue Jules Ferry) et accolé à la façade Est de la mairie, se montre malsain puis incommode. L’église ferme en 1778 mais une réouverture par nécessité est établie en juin 1805 (27 Messidor An XIII) car Raon ne dispose plus de culte. Cette dernière étant ensuite réputée pour être devenue vraiment insalubre, trop vétuste et insuffisamment petite depuis longtemps, est démolie en 1832. Mesurant 90 pieds de long et 24 de large, elle contient 350 paroissiens alors que le nombre s’élève à 2000 dont 1400 communiants. Par la suite, un différent oppose l’Église et l’État (la commune) est l’église stoppe son fonctionnement. En 1825, le conseil municipal décide la construction de la nouvelle église Saint-Luc sur un nouvel emplacement. D’après les plans de l’architecte GRILLOT François Auguste né le 9 novembre 1793 à Nancy (54) et mort le 30 avril 1868 à Epinal (88), les travaux durent de 1825 à 1832. C'est l'entreprise Alsacienne SCHWEIGHOFFER & GAZELIN de Mulhouse (68) qui se charge de la réalisation, prix à l'époque 178650 francs.

Jugée à une hauteur non destinées pour la paroisse, sa tour est surélevée. Le clocher de Raon est à 324 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le signal à 424. Les marches de ses escaliers en pierre de taille de grès vosgiens sont trouvées trop rugueuses et remplacées par du marbre. A remarquer le grès blanc de Meurthe & Moselle sur la face et du grès rose de la région sur l’arrière de l’édifice. Le clocher a une particularité, il est élevé derrière le chœur du fait que le parvis situé à proximité du canal de la Plaine est conçu sur un mauvais terrain. La proximité de cette voie d’eau aujourd’hui couvert, puis un sol trop marécageux n’autorise donc pas la construction de l’église dans son sens habituel. Ainsi pour pénétrer dans la nef, les fidèles passent sous un fronton porté par des colonnades et non sous la tour, qui se trouve par contre au-dessus du choeur. Ses colonnes donne à cet édifice religieux, le surnom de « petite Madeleine ». 


En 1846, l’horloge est installée. Les grandes orgues sont commandées en 1861 et inaugurées en 1864. Ceux-ci détruits sont remplacés puis inaugurés le 15 février 1931. 


Actuellement l’église abrite un orgue RIGENBACH de 1930 composé de 44 jeux et 3000 tuyaux. 


Tous les vitraux sont réalisés avec des donations de paroissiens mais détériorés pendant l’occupation en 1870, ils sont tous refais en 1913. 

De plus durant cette période, l’église Saint-Luc sert de culte protestant à l’occupant allemand. Cette même année, les cloches sont refondues et quatre nouvelles sont baptisées le 26 octobre 1913. 
Mais le carillon déçoit manquant d’ampleur et ces cloches ne tintent guère longtemps puisqu’elle tombent au sol lors le 25 août 1914. 
Deux incendies ayant eut lieu, ce jour cité puis la veille soit le 24 août, qui détruisent l’église mais particulièrement l’orgue et la partie centrale de l’édifice. 
Durant cette première guerre mondiale, l’église sert d’hôpital aux blessés. 

A la suite de ces événements, les messes sont célébrées à la maison Notre-Dame et le 11 novembre 1918, les cloches de l’églises Saint-Georges sonnent à toutes volée le carillon de la victoire dès 7 heures 43. 


A Raon, seule la petite cloche des Halles se fait entendre. Gravement sinistrée, une reconstruction de Saint-Luc est entreprise dès 1918. 


Le 31 janvier 1920, la croix retrouve sa place au sommet du clocher et en octobre de cette même année, une nouvelle horloge est installée. De nouvelles cloches sonnent aussi le 6 mars 1921. 


De 1920 à 1930, l’église est reconstruite. Un concert d’orgue est donné le 15 février 1931 par Gaston LITAIZE. 


En février 1933, les derniers dommages de guerre servent à la réalisation du calvaire situé en face de la chaire. Au cours de la deuxième guerre mondiale, les bombardements de 1944 endommagent et détruisent la charpente et la toiture de l’église. 

Pour l’Armistice du 8 mai 1945, les cloches restent une fois de plus muettes.

Une reconstruction est menée rapidement puis les cloches portant le nom des 225 tués de la guerre 1914-1918 se font entendre à nouveau pour les fêtes de l’Assomption, le 15 août 1946.


L’église s’orne de vitraux remplacés entre 1947 et 1953.



(*) Saint-Luc, l’évangéliste, est célébré le 18 octobre, jour de la fête foraine à Raon l’Étape. Dans la tradition catholique, il est considéré comme le Saint patron des médecins et des services de santé puis du fait de sa profession, des artistes, peintres et sculpteurs.



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